Histoires

Quatre fous de première classe

Histoire de Sri Chinmoy sur les fous

La folie humaine

Sri Chinmoy
Sri Chinmoy

Sri Chinmoy s’amuse beaucoup – et s’en attriste beaucoup aussi – de la folie humaine. Ainsi, à travers nombre d’histoires publiées dans ses livres, l’auteur raconte comment notre ignorance nous aveugle bien souvent. Mais il nous enseigne aussi que la connaissance est à portée de main et nous donne les clés pour y parvenir.

Cette nouvelle histoire, tirée du livre « The Moghul Emperors » écrit par Sri Chinmoy, en est un exemple. D’ailleurs elle rejoint la première histoire – aussi sur des fous – « Les fous et les sages », publiée il y a quelques mois.

Quatre fous de première classe

Une fois Akbar demanda à Birbal de lui amener les quatre plus fous du monde. Ainsi, le lendemain matin, Birbal commença à chercher des fous.

Le premier fou qu’il vit était un brahmane. Ce brahmane courait très vite avec une assiette de noix de bétel, du riz et quelques autres choses. Quand le ministre demanda au brahmane pourquoi il courait, le brahmane répondit : « Ma femme vient de donner naissance à un fils et je lui apporte les aliments de cérémonie. Malheureusement, le garçon n’est pas mon enfant, mais son père sera là aussi. Je vais donc bénir le nouveau père et la nouvelle mère, ainsi que le bébé. C’est pourquoi je cours. »

« Ah ! » pensa le ministre, « J’ai mon premier fou ». Et il dit au brahmane de venir à la Cour avec lui.

« Non, non, non ! Je ne peux pas venir à la Cour », protesta le brahmane. « Je dois voir ma femme. »

Birbal déclara : « Je suis le ministre de l’Empereur. C’est le commandement de l’Empereur que je vous emmène. » Et il montra au Brahmane son identification. Alors le brahmane fou dut aller au palais d’Akbar.

Sur le chemin, ils virent un homme assis à cheval. Sur ses épaules était une très lourde charge. Birbal lui demanda : « Pourquoi portez-vous cette charge sur vos épaules ? »

L’homme répondit : « Mon cheval est une jument et elle est enceinte. Je ne veux pas blesser ce pauvre animal en lui faisant porter une si lourde charge, alors j’ai mis le fardeau sur mes propres épaules. »

Birbal dit : « Si vous êtes assis sur le cheval, le poids sera le même que ce soit sur vos épaules ou sur le dos du cheval. » Mais l’homme insista qu’il prenait la moitié du fardeau sur ses propres épaules.

« Voici un autre fou », se dit Birbal. Et il ordonna à cet homme de venir avec lui voir l’Empereur.

« Votre Majesté », proclama le ministre quand ils vinrent devant Akbar, « voici vos fous. »

« Je vous ai demandé de m’amener quatre fous, n’est-ce pas ? » dit Akbar. « Où sont les deux autres ? »

« J’en ai deux ici », Birbal répondit. Et il raconta leurs actions stupides à l’Empereur. Puis il dit : « Le troisième fou, c’est vous, Votre Majesté. Qui, sauf un fou, est intéressé à voir des fous ? Vous vous réjouissez de savoir qu’il y a d’horribles fous dans votre Empire, alors qu’un Empereur sage aimerait savoir s’il y a des hommes sages dans son Empire. Puisque les fous vous font plaisir, vous appartenez aussi à leur groupe, car qui se ressemble s’assemble. »

« Et je suis le quatrième fou. J’écoute vos ordres stupides et je gâche ma vie précieuse en les exécutant. Seul un fou obéirait aux ordres d’un fou, ce qui fait de moi le quatrième fou. »

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